Les problèmes de sommeil chez les enfants présentant une T21

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Les problèmes de sommeil chez les enfants présentant une T21


Lorsque l’enfant a des difficultés à dormir, on peut rapidement observer des impacts sur son comportement, sa disponibilité aux apprentissages et sa tolérance à la frustration. Des conséquences peuvent même être relevées chez les parents et les autres membres de la famille. Il est donc tout à fait normal que les difficultés deviennent rapidement une source de préoccupations pour les parents.  

Tout enfant peut éprouver certaines difficultés de sommeil dans le cours de son développement.  Par contre, chez les enfants présentant une trisomie 21, les problèmes de sommeil sont plus souvent observés. Actuellement, des études sont en cours à ce sujet. Les problèmes de sommeil jusqu’à maintenant identifiés sont d’ordre varié. On retrouve, par exemple, les difficultés à s’endormir, les réveils fréquents pendant la nuit, les réveils tôt le matin, l’apnée du sommeil (de courtes périodes d’arrêt respiratoire d’une durée de 10 à 20 secondes pendant le sommeil), parler pendant son sommeil, le bruxisme (grincements de dents pendant la nuit) et l’énurésie (les pipis au lit).  Les causes de ces difficultés sont nombreuses. Notons la fragilité des voies respiratoires (de petits conduits, l’hypotonie des voies respiratoires, une petite bouche, des amygdales et des adénoïdes souvent hypertrophiées), un gain de poids avec l’âge, des otites et des sinusites fréquentes, de la fièvre, des coliques, des poussées dentaires, un reflux gastro-oesophagien, de l’anxiété, des effets secondaires des  médicaments, un seuil de réveil plus bas que chez les personnes sans trisomie (ce qui entraine des réveils plus fréquents), des difficultés à reconnaître les temps d’éveil et de sommeil.


Que faire devant les difficultés de sommeil de notre enfant?

•    Si votre enfant présente des difficultés de sommeil, la première démarche à suivre consiste à consulter votre pédiatre ou votre ORL afin d’en déterminer les causes possibles. Échangez avec votre spécialiste sur la quantité et la qualité de sommeil de votre enfant. Suite à vos infomations, il pourra recommander des examens médicaux complémentaires. Certains ajustements vous seront peut-être aussi suggérés tels que raccourcir la durée des siestes, respecter un horaire fixe des siestes et du dodo, proposer une alimentation moins sucrée et plus facile à digérer, etc.  
•    Pour certains types de problèmes de sommeil comme les difficultés à s’endormir ou les réveils pendant la nuit, la mise en place de routines du dodo peuvent s’avérer des solutions efficaces. Les routines à l’heure du sommeil aident l’enfant à retrouver un état de calme, à faire une transition entre les temps de jeu et la période de sommeil.  De plus, chez les tout-petits, ces routines augmentent le sentiment de sécurité. Chaque parent détermine le déroulement et la durée de la routine de dodo avec son enfant selon ses besoins, ses goûts, ses intérêts mais également selon les contraintes du quotidien. Une fois la routine établie, tentez de maintenir son déroulement le plus possible. En effet, chaque changement apporté demandera un nouvel apprentissage de la part de l’enfant.  
   
Voici des éléments qui peuvent composer une routine de dodo. Choisissez les aspects qui vous semblent les plus pertinents pour votre enfant. Accordez-vous des temps d’essais. Avec l’acquisition de nouvelles habitudes de sommeil , vous pourrez progressivement diminuer le nombre d’étapes de cette routine.  

•    Tout d’abord, vérifier la température de la chambre.  Assurez-vous qu’elle soit confortable.  Évitez les excès de chaleur.
•    Changez l’ambiance des pièces pour aider votre enfant à passer du jeu au dodo. Tamisez l’éclairage.  Dans la chambre, utilisez une veilleuse.
•    Procurez à votre enfant une période de détente avant le bain ou le coucher. Évitez les jeux énervants tels que les chatouilles et les activités de motricité globale ou fine qui demandent une bonne dose d’énergie et de concentration. Soyez sélectif dans le choix des émissions de télévision ou des cassettes vidéo. Privilégiez les jeux visuels pour calmer l’enfant. Des suggestions de ces types de jouets peuvent être retrouvées dans les magasins à grandes surfaces (ex. : petite télévision projetant des images calmes accompagnées de musique douce; livre musical ou texturé; etc.). Pour l’enfant un peu plus vieux, l’écoute d’une musique tout en se berçant doucement avec sa poupée ou sa doudou préférée peut s’avérer une transition adéquate vers l’heure du bain. Les livres à grandes images où l'on retrouve ses personnages préférés peuvent aussi constituer une activité de détente intéressante. Évitez toutefois les livres contenant des histoires complexes ou peu d’images. Racontez l’histoire en diminuant la quantité et la complexité des phrases. Favorisez les phrases simples contenant des mots connus.  Pointez les images.  Nommez-les. Prenez soin de bien doser la durée de cette activité. Celle-ci doit davantage être axée sur le plaisir que sur une stimulation du langage.  Elle ne doit pas entraîner une fatigue supplémentaire ou être une source de conflit. Pour les enfants présentant une perte auditive ou visuelle, consultez vos intervenants en réadaptation. Il existe des adaptations permettant aux jeunes de recevoir des stimulations appropriées pendant cette période.
•    L’histoire ou l’activité calme peut être suivie du bain. Pour favoriser la détente, procurez-vous à la pharmacie, dans les magasins à grandes surfaces ou dans les boutiques spécialisés des objets texturés qui permettent d’offrir un léger massage (éponge; gant doux; débarbouillette de ratine épaisse; petite brosse douce; etc.). Lavez votre enfant avec des mouvements lents à pression douce mais profonde.  Évitez les chatouilles.  Les chansons douces ou les comptines peuvent accompagner cette activité.  Pour les jeux, des jouets à transvaser ou des collants plastifiés qu’on applique sur les bords du bain ou sur les murs peuvent être des suggestions intéressantes. Observez les réactions de votre enfant pendant le bain de façon à ajuster la quantité de stimulations à offrir.
•    À l’arrivée dans la chambre, donnez un repère à l’enfant pour la prochaine étape de la routine. Par exemple, proposez-lui  sa doudou, une couverture ou un de vos vêtements imprégné de votre odeur. Rassuré, votre enfant pourra l’associer au fait de s’endormir. Si un boire précède encore le coucher, éviter de le donner en position couchée.  Privilégiez une position assise ou légèrement inclinée. Une petite période de bercement peut suivre.
•    Une fois dans son lit, vous pouvez offrir un léger massage à votre enfant. Ce massage peut aussi être accompagné de musique douce. Différents documents sont disponibles  relativement aux techniques de massage chez les enfants.  Vos intervenants peuvent également être des sources d’informations pertinentes. Consultez-les au besoin.
•    Par la suite, signalez à votre enfant qu’il est temps de dormir.  Formulez un message simple accompagné d’un geste, d’un câlin, d’un bisou.  Un certain temps peut être requis avant que le sommeil vienne.  Cette période varie d’un enfant à l’autre. Certains enfants pleurent lorsque les parents se retirent de la chambre.  Faut-il les laisser pleurer?  Pour quelques-uns, les pleurs auront un effet calmant, pour d’autres, elles auront un effet surexcitant.  Expérimentez et identifiez quelles attitudes conviennent le mieux à votre enfant et à vos valeurs. En tout temps, soyez ferme. Si l’enfant vous appelle ou pleure et que vous choissisez de retourner dans sa chambre, rassurez-le; recouchez-le; reprennez votre message et votre câlin et quittez la pièce.  En favorisant les associations « lit-calme-sécurité », vous apprenez progressivement à votre enfant à s’endormir seul dans son lit.
•    En laissant la porte de la chambre ouverte, vous permettez à votre enfant d’entendre les bruits et de voir la lumière dans la maison. Ceci lui procure un sentiment rassurant.
•    Enfin, pour les jeunes enfants qui éprouvent de l’insécurité à l’heure du dodo, la technique du bisou peut être une solution. Couchez votre enfant dans son lit en suivant la séquence proposée plus haut. Quittez la pièce. Laissez un moment puis retournez embrasser votre enfant avant qu’il ne commence à pleurer. À la longue, il se sentira moins anxieux d’être laissé seul et s’endormira naturellement parce qu’il aura compris que vous revenez toujours l’embrasser.
•    Pour les enfants plus vieux, la routine du sommeil prend une allure différente.  En effet, leur souhait d’autonomie amène les parents à une présence plus discrète. Dans un premier temps, aidez votre enfant à reconnaître la différence entre le jour et la nuit. Apprenez-lui à reconnaître l’heure. Tamisez les lumières. Fermez la télévision ou proposez des émissions plus calmes. Écoutez de la musique relaxante. Diminuez le rythme des activités. Plusieurs parents rapportent l’apport bénéfique de certaines parfums, huiles ou chandelles d’aromathérapie pour créer une atmosphère propice  à la relaxation. L’heure du bain peut aussi être le temps où des stimulations sont offertes à l’enfant.  Toutefois, à son âge, proposez-lui une brosse douce pour le dos, des gants doux pour masser les muscles et la peau qu’il pourra lui-même utiliser.  Montrez-lui comment masser sa peau avec des pressions douces mais profondes.  Un petit coussin pour la tête peut aussi être mis à sa disposition. Le bain peut se terminer par l’application d’une crème hydratante à une fragance appréciée par votre enfant et qui favorisera la détente. Après le bain et la collation s’il y a lieu, suggérez-lui un temps de détente dans sa chambre. Déterminez la durée de cette période.  Seul, l’enfant peut écouter de la musique de relaxation ou regarder des livres ou des revues. Un petit tableau sur lequel est représenté les étapes du rituel du coucher, les alternatives à la période de détente seul dans sa chambre, les actions à poser lorsqu’on se réveille pendant la nuit, l’heure du lever avec les activités qui suivent peut constituer un aide-mémoire intéressant pour l’enfant et l’adolescent qui développe leur autonomie.

Pour développer de nouvelles habitudes de sommeil, une période de temps est requise.  Sa durée varie d’un enfant à l’autre et plusieurs facteurs peuvent venir temporairement influencer la qualité et quantité de sommeil de l’enfant. Soyez patient, ferme et constant dans vos routines. Devant des inquiétudes ou du découragement, n’hésitez pas à consulter vos  professionnels de la santé et de la réadaptation. Échangez avec d’autres parents. Les conseils que vous en tirerez vous permettront à votre enfant tout comme à vous de profiter d’un bon dodo!


Références :

•    ACSM-Chaudières-Appalaches. 10 trucs pour le développement sain des enfants. Santé infantile, bulletin trimestriel de l’Institut canadien pour la Santé infantile, automne 1997, vol. 19, no 3.
•    Leshin, Len (1997).Down syndrome and obstructive sleep apnea.
•    http://www.ds-health.com/apnea.htm
•    Les problèmes de sommeil des petits (de 1 à 4 ans). http://www.mmmfrance.org/famille/sante/sommeil.htm
•    Les troubles de sommeil chez l’enfant. http://www.maman-solo.com/troublesdusommeil.htm
•    Levanon, A. et T.A. Tarasiuk (1999) Sleep characteristics in children with Down syndrome. http://www.ds-health.com/abst/a9906.htm
•    Stores, R. (1996) Research on sleep problems and psychological function in children with Down syndrome: implications for clinical practice and everyday care. http://www.altonweb.com/ca/downsyndrome/stores.html

Line Jacques m.o.a. Orthophoniste

 

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Liens utiles

Association du Québec pour l'intégration Sociale (AQIS)
www.aqis-iqdi.qc.ca

Le Support Fondation de la Déficience Intellectuelle
www.lesupport.ca

Le Regroupement pour la trisomie 21
www.trisomie.qc.ca

Parent-handicap Entraide de parents d’enfants handicapés
www.parentsh.free.fr

Association de Montréal pour la déficience intellectuelle (AMDI)
www.amdi.info

Association Canadienne pour l’intégration communautaire
www.cacl.ca

Canadian Down Syndrome Society
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